|
|
![]() |
|
|
Des roues de char Romain trouvées à Fa Dans un mémoire, lu le 3 juin 1784, devant l’Académie des Jeux Floraux de Toulouse, Monsieur l’Abbé Magi dit : Il n'y a pas de monumens plus rares que les roues des chars des anciens, si ce n'est les chars mêmes. On n'en connaissait qu'une au Vatican et une autre à Berlin, dans le cabinet du Roi de Prusse. Le Cabinet de l'Académie de Toulouse est peut-être le seul qui en réunisse deux. Histoire Un paysan du village de Fa, diocèse d'Alet, près des bains de Rennes, en labourant un champ de M. de Cayrol, membre de l’Académie, sentit sa charrue arrêtée par un corps qui opposait une forte résistance. Après avoir un peu creusé, il trouva deux roues de bronze, l'une entière et l'autre un peu altérée. Ce laboureur les porta chez un marchand de bois d'Espéraza, village voisin de Fa, et les lui vendit pour un écu. Ces roues, portées successivement à Limoux et à Carcassonne, furent présentées à divers fondeurs, qui, n’en connaissant pas heureusement le métal, à cause de la forte patine qui les recouvrait, refusèrent de les acheter. Le·propriétaire de ces roues, fatigué de les offrir inutilement, les relégua dans un magasin où elles restèrent pendant cinq ou six ans. M. l'Abbé Bertrand, connu par son goût pour les lettres, conduit par hasard à Espéraza, entendit parler de ces roues : il demanda à les voir ; il en connut le prix, et de retour à Toulouse, il en parla à M. de Saint-Amand, qui, en tout événement, fit proposer au marchand de bois de les lui vendre. Celui-ci se crut trop heureux de s'en défaire pour la somme à laquelle il les avait offertes aux fondeurs. Ainsi, moyennant vingt écus, M. de Saint-Amand obtint ces monumens, dont la valeur intrinsèque était même supérieure à cette somme. Chacun se félicita de son marché. M. de Saint-Amand fit placer ces roues dans son cabinet et les fit graver : les planches furent répandues dans l'Europe. Une de ces gravures parvint à Benoît XIV. Sa Sainteté voulut faire l'acquisition des roues pour le Musée Pontifical. On fit des propositions à M. de Saint-Amand, qui répondit que dans le dessein où il était de laisser à sa mort son cabinet à l'Académie, il ne se regardait que comme dépositaire des monumens qu'il renfermait. Ce savant mourut quelques années après. Les revers que sa fortune avait essuyés n'ayant pu permettre que ses intentions fussent.remplies relativement au don du cabinet, l'Académie l'acheta, et les roues en·bronze demeurèrent dans la bibliothèque de cette Société jusqu'à l'époque où la Convention ordonna la spoliation des propriétés des corps littéraires. Alors les roues, que l'on voulait briser et jeter dans le creuset, furent sauvées par un homme courageux, et placées·dans le Musée. Description des roues
Autre découverte Quarante ans après la découverte de ces beaux monumens, on trouva dans le même champ, à Fa, un autre objet en bronze. Il représente une lionne attaquant un homme à cheval. Une ouverture profonde de 7 cm. y existe, et devait recevoir un corps ayant ce diamètre. La forme de l'objet, le lieu où il gisait ignoré, tout se réunit pour faire présumer qu'il décorait la partie postérieure du char auquel appartenaient les deux roues, et qu'un bronze pareil existait autrefois et formait l'ornement de l'autre côté du char. Ce beau morceau, dont la conservation est parfaite, à 40 cm. de longueur. Autre découverte Un de ces marchands de curiosités qui apportent souvent dans nos villes ces bronzes contrefaits ou surmoulés qui remplissent les cabinets des amateurs, ayant acheté, à Limoux, il y a 31 ans, un timon antique en bronze, l'échangea contre des figures en cuivre doré, qui lui furent offertes par M. J. P. Lucas, conservateur du Musée. Des renseignemens pris sur les lieux, ont appris qu'un paysan des environs de Rennes, avait apporté ce timon à Limoux, et qu'il le vendit au marchand italien, en présence de M. Béchis et de quelques autres personnes recommandables. Peut-être a-t-il fait partie du char dont nous possédons les deux roues. Il a 44 centimètres de longueur ; la partie creuse en a 38. La conservation de ce morceau est parfaite.(Orthographe du document original conservée)
Ci-après, un extrait des "Mémoires" de Madame Anne-Marguerite Du Noyer (12 juin 1663 - 28 mai 1719). Elle y relate une visite à Quillan, vers la fin du XVIIe siècle, où elle accompagnait son mari Guillaume Du Noyer, Grand Maître des Eaux et Forêts de la Province de Languedoc, à l'occasion d'une vente aux enchères (à la bougie) de bois de la Maîtrise de Quillan. Louis XIV était alors sur le trône de France. L'orthographe du document original a été conservée. … Il falloit aller faire ces ventes dans chaque Maîtrife : il y en avoit fix dans le département de M. du Noyer ; favoir, Ville-Mur, Caftelnaudary, Mafamet, Quillan, Montpellier, & Ville-Neuve de Bere, & deux Gruries, qui étoient Albi & Mende. Le Grand-Maître eft obligé d'aller dans tous ces endroits-là une fois l'an, & de paffer le refte du temps à Touloufe. M. du Noyer fouhaita que je l'accompagnaffe dans fes tournées, & je puis dire que c'étoit-là le temps le plus agréable ; car nous voyagions en grands Seigneurs ; deux Gardes des forêts, avec la bandouliere, étoient à cheval à côté de notre caroffe ; le Secretaire, le Cuifinier, & une partie du Domeftique alloit d'avance au gîte, où nous trouvions tout prêt en arrivant, & partout où nous arrivions la Nobleffe du Pays venoit au devant de nous & nous accompagnoit ; fi-bien que nous avions quelquefois trente perfonnes à manger chez nous ; car il falloit tenir table tant qu'on étoit en campagne ; & quoique nous aimaffions, M. du Noyer & moi, à faire les chofes noblement, il n'en coûtoit pourtant pas beaucoup par la quantité de gibier que tous les Gentilshommes nous envoyoient. Il y avoit des temps où ne sachant que faire de tant de perdrix rouges, je les faifois mettre dans le pot, & fervir fur le potage en guife de chapons. Nous avions une fi grande quantité de fangliers, qu'après en avoir mis en pâte & à toutes fortes de fauces, je m’avifai, pour en profiter, de faler les jambons, & de faire des fauciffes du reste ; & cela réuffit fi bien, que j'en faifois tous les ans pour la provifion de ma maifon. La premiere fois que je fus en tournée, M. du Noyer la commença par Quillan, qui eft une petite Ville dans les Pyrenées, frontiere d'Efpagne, fituée fur la riviere de l'Aude, & dans le Pays du monde le plus fcabreux ; car on n'y avoit jamais vu de caroffe avant le mien, encore penfa-t-il m'en coûter la vie pour avoir voulu le mener. On.m'avait fait fi grande peur de ce Pays-là, qui n'étoit habité, à ce qu'on me difoit, que par des ours, que j'y fus en cornette de nuit & en robe de chambre, ne croyant pas devoir me donner la peine de me coëffer & de m'habiller pour ne voir que des bêtes féroces : mais je fus bien furprife quand je vis la quantité de Nobleffe qui defcendit de toutes les montagnes qui en font comme la pépiniere. Les Marquis de Leren, de Chalabre, de Sainte Colombe, & quantité d'autres, vinrent nous voir à Quillan & faire, comme ils difoient, leur cour au Grand-Maître, qui eft le feul Magiftrat qu'ils ont intérêt de ménager ; car la plus grande partie du bien de ces Meffieurs confiftoit en forêts , & fuivant les Ordonnances ils ne fauroient faire couper un arbre fans avoir l'attache du Grand-Maître. Il y avoir auffi là une très aimable Dame, qu'on appelloit Madame Defcouloubre : elle étoit fille du Marquis de Chalabre, & femme d'un Gentilhomme de ce Pays-là, fi jaloux qu'il ne lui laiffoit pas la liberté de parler à qui que ce fût : mais comme il avoit befoin de M. du Noyer, il fouffroit qu'elle vînt chez nous, & qu'elle y mangeât, & la pauvre petite femme regardoit ce temps-là comme le plus beau de fa vie ; car fon mari, qui d'ailleurs étoit un homme raifonnable, entendoit fi peu de raifon fur cet article, qu'un jour qu'ils allaient enfemble voir un de leurs parents, & qu'elle étoit en croupe derriere lui, il la jetta parterre, parce qu'il entendit chanter un coucou, et courut tout le jour le piftolet à la main après cet oifeau pour fe venger fur lui du malheur qu'il croyoit qu’il lui annonçoit, & pendant ce temps-là fa pauvre femme fut à pied chez leurs parents, qui la voyant arriver toute crottée & dans un fort grand défordre, & fachant l'aventure, ne purent pas s'empêcher, après avoir blâmé le mari, de conter cette hiftoire à tous ceux de fa connoiffance. On en faifoit une infinité d'autres fur le compte de ce jaloux, tous auffi ridicules, & la femme fouffroit tout cela patiemment. C'étoit la meilleure perfonne du monde. Nous fûmes d'abord fort bonnes amies, & cette amitié a toujours duré depuis. Elle avoit un coufin-gerrnain, qu'on appelloit le Baron d'Axat, qui avoit beaucoup de mérite. Il étoit Capitaine de Dragons, & ne faifoit que de revenir de l'armée quand nous arrivâmes à Quillan. Toutes ces perfonnes formoient chez nous la focieté du monde la plus agréable : on jouoit au lanfquenet & à l'ombre ; nous faifions bonne chere & grand feu : le bon vin ne manquoit pas, & malgré la fituation du lieu, & les neiges qui nous renfermoient au logis, nous ne laiffions pas de paffer fort agréablement le temps. Nous étions même affez bien logés, car le Roi a fait bâtir dans cet endroit une maifon pour le Grand-Maître : c'eft-là ce qu'on appelle la Cour & c'étoit-là l'afyle des plaifirs. Toute la bonne compagnie s'affligea de notre départ, chacun fe retira, comme dit Scaron, dans fa chacuniere, & je puis dire que je quittai à regret un lieu dont je m'étois formée, quelques jours auparavant, une idée très-affreufe ; tant il eft vrai qu'on ne doit jamais juger que de ce que l'on connoît, ni rien condamner fur le rapport d'autrui. ... De Quillan, ils se rendirent à Castelnaudary, qu'elle ne trouva pas "plus agréable" que Quillan.
À quelques centaines de pas du village de Blaud, dans le département de l’Ariège, s'élève une montagne appelée Puy-du-Tyl. Cette montagne est percée de plusieurs cavités extrêmement profondes, desquelles il sort continuellement un vent connu, à Blaud, sous le nom de “vent du pas”. Sa force est plus ou moins grande, selon la saison. En été, et particulièrement lorsque le temps est serein, il souffle avec une telle violence, qu'il déracine les plus gros arbres. En hiver, au contraire, et surtout lorsqu'il pleut, il se fait à peine sentir. Une particularité qui le distingue encore, c'est que tant qu'il fait jour, il reste comme enchaîné dans les cavités qui le renferment ; mais aussi, dès que la nuit vient, il s'élance avec furie, et demeure en cet état jusqu'au lever du soleil. Malgré ses fréquentes boutades, les habitans du petit vallon sur lequel il domine, ne s'en plaignent pas : il y entretient une température presque uniforme, qui exerce la plus heureuse influence tant sur le règne végétal que sur le règne animal. La terre y est on ne peut plus fertile ; et les hommes, exempts des infirmités si communes dans d'autres contrées, y arrivent à une grande vieillesse. Il n'est pas rare d'en voir qui parviennent jusqu'à l'âge de cent ans et qui même assez souvent les dépassent. Extrait de l'ouvrage "Les merveilles du monde ou les plus beaux ouvrages de la nature et des hommes" par M. Le Chevalier de Propiac (publié en 1832). Notes :
|